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Ce soir-là, en pleine nuit,
Le soleil au fond des entrailles,
Puis l’éteinte totale des sens, Des sensations.
Qui était assis, quoi ? Comment dire ‘ je ’ ?
Quelle est cette non-subsance consciente ?
La Paix existe, elle est là,
Jamais plus ce corps impermanent ne l’oubliera.
C’est Elle, la foi cachée dans le grenier.
C’est Elle qui ne peut douter que des égarements.
Ce sont eux qui l’ont recouverte, Mais qui l’ont tant souhaitée.
Cet esprit vertical et vaste, Qui peut en parler ? Qui peut l’entendre ?
La vie continue, différente et identique.
Deux ans déjà de ce que le verbe a appelé le temps . . .
Mon esprit bouge, les secondes passent . . . Alors, les bols sont nettoyés,
Les éléments , les phénomènes, la vacuité,
L’interdépendance, l’impermanence, Toutes les productions incessantes
Et STOP.
Les productions ne sont plus les mêmes. Ce Corps se rappelle à ce corps.
La pensée se fait petite, à sa place appropriée.
L’Autre est là . . . le sourire aussi.
Et que faire, qu’en faire ? Ne pas faire, en faisant. Rire, pleurer, vivre.
La plante des pieds reliée aux cheveux, sans volonté,
Comme un fruit indéfinissable et inépuisable,
Rafraîchissant et nourrissant. Cela se transmet d’être en être
Depuis . . . et jusqu’à depuis . . .
La Voie Lactée est dans mon bol de chicorée. Alors ? C’est d’argent. Ah ! Ah ! Ah ! Dois - ‘ je ’ signer ?
Qui pourrait tenir ce crayon à ‘ ma ‘ place ?
Taïsan (1992) |