Zen Vekiĝo, le Bouddhisme originel, les pieds sur Terre.

Stance

" Ancré dans la substance de mon corps,
La Lumière a brûlé les restes.
Infinie et insaisissable,
Elle a nettoyé tous les supports
Des souffrances et bonheurs fugitifs.
Baignant dans cette immensité réalisée,
Il ne reste qu’à transmettre, qu’à guider.
Et la main tendue conduira
L’être qui la saisit.
Le vent souffle sur la verte montagne
Qui s’appuie partout et nulle part.
Instant après instants,
Ils révèlent l’éternité."

Monto dé Patso

Documentation, témoignage du professeur Paul Chauchard :

Le 11 juillet 1996.

Cher ami,
J’ai été très heureux de lire votre excellent témoignage si adapté à faire comprendre l’Eveil à l’Occident, dans sa vraie tradition, grâce à l’Orient authentique. Vous indiquez bien la vraie pensée-pratique judéo-chrétienne, si mal comprise. Je conçois qu’un orthodoxe soit d’accord. C’est la méditation à l’icône, la résurrection du Christ glorieux. C’est donc bien volontiers que je vous envoie ce texte introductif.
Bien amicalement,

Paul Chauchard.

Communication du professeur Paul Chauchard :

Santé, sagesse, sainteté : faire sourire nos orteils crispés de tous nos stress, comme redonner sa prairie à la vache folle de l'orgueil ignorant des technocrates, la bonne viande et le bon lait de la vache qui rit aimée de son maître. Comment le comprendre pour le pratiquer ? Comment un Occidental pourrait-il bien le pratiquer, s'il le dénature en un record diabolique de promotion de son faux ego ? N'est-ce pas aller contre le progrès, la civilisation — assimilée à l'Occident — qui a permis le développement économique du Japon ? Cependant, celui-ci comprend les valeurs de sa tradition et envoie en Occident ses missionnaires zen. En fait, si l'Orient ne doit pas tomber dans les erreurs de l'Occident, l'Occidental ne doit pas rechercher à mal devenir un Oriental. L'Orient bien compris doit lui permettre de retrouver la vraie tradition, c'est-à-dire à cesser de dénaturer le spirituel transcendant en le coupant de la matière, en séparant Dieu du monde, l'âme du corps, l'homme de la série animale dont il est le fleuron évolutif. Un paradoxe : devoir réincarner le christianisme, remettre le transcendant dans l'immanent. Telle fut la base de mon amitié et de ma collaboration avec Deshimaru, étonné et heureux de rencontrer un scientifique occidental spiritualiste, non dualiste, au moment où précisément des neurologistes japonais montraient scientifiquement le meilleur fonctionnement du cerveau de moines zen authentiques. Neurophysiologiste, je me veux neuropédagogue. L'homme n'est pas mal fait, un malade ayant besoin de pilules ; il est mal élevé, car il n'a pas appris à utiliser son magnifique cerveau. Nous disons « cérébral » pour l'intellectuel ou le spirituel perdu dans ses pensées et soucis, oublieux de son corps qu'il déséquilibre dans l'angoisse, les peurs, qui n'est pas présent dans l'instant au monde, à son corps, aux autres. Il se croit éveillé s'il ne dort pas, ignorant que l'énervé est dans un faux éveil ; le vrai éveil étant un optimum basé sur la détente, le calme, la paix intérieure, ce qui est mieux réalisé dans la vigilance hypnotique de la sophrologie. L'attention exige le refus de la tension, la volonté est à l'opposé du volontarisme. Sans être philosophes, nous suivons Descartes qui sépare l'âme du corps et l'animal-machine de l'homme spirituel, qui majore la froide raison coupée de l'affectif dévalué, ce qui est oublier le cerveau droit au profit du gauche. Sa devise : « Je pense, donc je suis », alors qu'il serait juste et vrai de dire : « je sens, je contrôle mon imagination, mon vagabondage cérébral (Vittoz), j'agis consciemment, donc je suis, non dans un faux ego imaginaire, dévalué ou majoré, mais le vrai ego de la simple image cérébrale de mon corps. » Ce n'est pas un faux matérialisme privant le cerveau de sa fonction spirituelle, mais la vraie réalité unitaire où le spirituel informe, organise le matériel, cette juste pensée d'Aristote reprise d'une façon œcuménique par le musulman Averrhoès, le juif Maïmonide et le chrétien Thomas d'Aquin. Faire en soi l'harmonie du psychique et du somatique unifiés en faisant de ce centre de la base du cerveau qu'est l'hypothalamus, le maître, non de la folie du corps, fatigue nerveuse, mais celui de la sagesse du corps dans la paix et la joie. Cela, c'est savoir s'aimer, s'amoriser et amoriser, dit le biologiste mystique Teilhard de Chardin, recevoir et renforcer l'énergie cosmique qui est amour. En s'ouvrant dans la méditation sur le monde, on ne se perd pas dans un grand tout anonyme, mais on se ressource dans le mystère du grand courant évolutif de complexification, de conscientisation et d'amorisation qu'il faut aider et non freiner. Réaliser en soi le vrai bonheur, c'est par des techniques corporelles se mettre dans le vrai bonheur, qui, d'après Teilhard, est de se centrer sur soi, grandir, se décentrer sur l'autre, aimer et se surcentrer sur plus grand que soi, adorer. Accord dans le silence des vrais mystiques symbolisé par la rencontre d'Assise où, sans confusion, se retrouvaient en étant mieux eux-mêmes tous les spirituels du monde, au service de la paix, autour du Pape et du Dalaï Lama.

Grâce à Daniel Lazennec et à l'Orient, l'Occidental retrouve la Présence, gravit la « Montagne de Paix ».

Docteur Paul Chauchard, directeur honoraire de l'École Pratique des Hautes Études - La Sorbonne - Paris.

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